Que nous réserve l’année 2019 en entrepreneuriat ?

25 janvier 2019

L’an dernier, à pareille date, je présentais mon top 5 des tendances entrepreneuriales de notre industrie. J’y notais notamment l’influence des moyens technologiques, la multiplication des groupes autogérés d’entrepreneurs, les transformations des organisations engendrées par la pénurie de main-d’oeuvre et la montée du leadership économique au féminin!

En ce début d’année, je tenais à refaire le même genre d’exercice. Voici donc ma vision de ce qui sera à surveiller cette année!

La philanthropie en entrepreneuriat

La première grande tendance amorcée en 2018, mais confirmée en 2019, est l’implication du secteur privé dans l’écosystème des startups et de l’entrepreneuriat avec des moyens financiers et leurs ressources hautement qualifiées. En effet, les firmes privées telles que BCF Avocats d’affaires, qui offre un programme pour les startups, ou encore Deloitte, qui a ouvert un centre immersif nommé Greenhouse, en sont de bons exemples.

Plusieurs autres cabinets de professionnels développent de nouveaux produits de financement ou même d’accompagnement pour les entreprises souvent en démarrage et souvent pro bono. Ce croisement des styles est intéressant, car il permet à de jeunes entreprises d’avoir accès à des professionnels aguerris et à un écosystème privé de haute performance.

Parallèlement, nous observons que plusieurs entrepreneurs à succès s’investissent dans la promotion de l’entrepreneuriat ou encore en tant que mécènes comme c’est le cas pour l’organisme Lune Rouge de Guy Laliberté. Ce soutien financier du secteur privé fait une différence considérable dans cet écosystème entrepreneurial qui est trop souvent tributaire des aléas et des agendas politiques. Surtout, ce qui importe c’est que de l’argent frais entre dans l’écosystème et non pas que la même « enveloppe budgétaire gouvernementale » soit une fois de plus subdivisée entre les OBNL traditionnels et ceux des multimilliardaires… Sinon, j’ai un vrai malaise… Merci aux entrepreneurs et aux entreprises privées qui font de la philanthropie en entrepreneuriat.

Expo Entrepreneurs débarque à Québec

En 2018, nous avons évoqué la fragmentation de notre industrie en plusieurs microgroupes. Le pendant de cette opération en solo, c’est le désir commun de se rassembler. En ce sens, nous avons connu en 2018, puis en 2019, un événement raz-de-marré nommé Expo Entrepreneurs (EE). Bravo à Nima Jalavandy, président-directeur générale et initiateur de EE! En juin prochain, à Québec, nous assisterons à une grande exposition pour les acteurs de l’écosystème entrepreneurial. Organisé par la même jeune et dynamique équipe d’EE19 de Montréal, cet événement confirme que nous sommes encore capables de créer des produits et des services pour faire progresser notre industrie de l’entrepreneuriat. Il n’y a pas que les entrepreneurs qui doivent progresser, les acteurs de l’entrepreneuriat aussi. Ainsi, nous pourrons mieux accompagner nos entrepreneurs. Cette équipe a une ouverture à la collaboration très forte et à l’image de la génération montante. C’est rafraîchissant!

Les attentes sont élevées de la part des acteurs qui furent longtemps rassemblés par la Fondation de l’entrepreneurship (FDE), par l’Association des professionnels en développement économique du Québec (APDEQ) ou encore par le Rassemblement des Jeunes Chambres de commerce du Québec lors du Forum économique de la relève d’affaires. Qu’est-ce que cet événement proposera de nouveau ?  

La multiplication des programmes de formation aux entrepreneurs et le scale-up!

J’assiste avec scepticisme à la multiplication des programmes, des institutions et des organismes qui font de la formation aux entrepreneurs.

Pourquoi ?

  • D’une part, le privé s’invite dans la danse avec des programmes, tantôt à paillettes, tantôt très performants.
  • D’autre part, le ministère de l’Économie et de l’Innovation déploie de nouvelles écoles d’entrepreneuriat pour les entreprises en démarrage tout le programme d’Entrepreneuriat Québec, qui est lui financé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, qui est lui-même sous-financé. Et qui dire des collèges, qui peinent à avoir des ressources pour faire de l’entrepreneuriat. Acquisition ou fusion, ce sont des stratégies valides aussi pour les OBNL du gouvernement… non ?  On s’y perd.
  • Parce qu’il faut avancer dans cette direction avec vigilance pour ne pas perdre cette opportunité de faire grandir nos entrepreneurs. Ils ont accepté l’idée d’être formés et de se développer. Nous avons la responsabilité de le faire avec excellence et pertinence. Sinon, nous fragilisons des entreprises.
  • Parce que ce ne sont pas toutes les formations qui sont BONNES. Même si elles vous DONNENT un diplôme, qu’elles ne coûtent RIEN ou qu’elles sont offertes par des INSTITUTIONS d’enseignement reconnues par le ministère. On y enseigne trop souvent un entrepreneuriat théorique. Avant de multiplier les programmes, pouvons-nous les évaluer ?  
  • Parce que ça ne sert à rien d’avoir 25 programmes qui forment les entrepreneurs. C’est comme mettre de l’eau dans la soupe! Il y en a pour tout le monde, mais ça ne goûte plus rien. Puis l’entrepreneur s’y perd tout simplement.

Mais on peut développer une nouvelle saveur de soupe!  
D’ailleurs, le nouveau mot à la mode en accompagnement et en croissance est scale-up. Ça prend toujours un nouveau mot ou une nouvelle tendance pour actualiser la même chose, soit celle de faire grandir nos entreprises plus vite! En 2018, on parlait d’accélérateurs, avant de progression, avant de gazelles…! En 2019, on scale-up! Cela dit, s’il y a une chose que j’ai observée, c’est que l’on travaille beaucoup trop sur les entreprises et pas suffisamment sur les entrepreneurs. Et pour tous les autres entrepreneurs surchargés par la croissance, je vous propose plutôt d’apprendre à dompter le rythme de vos affaires.

L’École d’entrepreneurship de Beauce (EEB) fête ses 10 ans

Cette année, la belle école aura 10 ans! D’ailleurs, un grand rassemblement pour la communauté de l’EEB aura lieu en mai pour célébrer les 10 ans de l’école. Lorsque nous avons démarré cette école, nous ne pensions pas rassembler autant de leaders de notre économie autour du développement des chefs. Sachez qu’il n’y a qu’une communauté EEB! La magie perdure et je suis toujours épatée de voir des entrepreneurs offrir généreusement leurs histoires et leur temps à d’autres entrepreneurs. Vous ne faites pas partie de la plus grande communauté d’entrepreneurs du Québec ? Je vous invite à vous inscrire rapidement et ainsi faire partie de l’histoire de l’EEB.  

Pour revenir sur la montée du leadership au féminin, je suis heureuse de voir Isabelle Le Ber, directrice générale, prendre la coprésidence du Colloque Femmessor de la région de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches le 19 février prochain. Cette femme mérite d’aller vous raconter l’EEB d’aujourd’hui. Invitez-la rapidement, car elle sera occupée en 2019!  

La famille en affaires

En 2018, l’article le plus lu de Rouge Canari (2 000 lecteurs) a été celui portant sur les conjointes et conjoints d’entrepreneurs. Ce n’est pas surprenant, car la majorité des entreprises sont familiales. Cela dit, nous constatons que c’est un sujet chaud ayant besoin d’amour! À la croisée des affaires et du coeur, il mérite notre attention. D’ailleurs, notre nouvelle collaboratrice au contenu, Jessica Grenier, a développé un atelier pour aider les entrepreneurs à négocier avec les enjeux familiaux de leurs clients; pour les guider dans leurs choix. Que vous soyez des professionnels du milieu financier, des comptables, des avocats, des notaires ou des assureurs, cet atelier est fait pour vous! Bon succès avec ces outils criant de pertinence!

D’autres institutions s’engagent auprès des familles en affaires, notamment le Centre Familles en affaires | HEC Montréal. La nomination d’Annie Veilleux à la direction de l’organisme va apporter un vent de changement dans l’animation de la communauté des familles en affaires. Il faut développer des outils basés sur la réalité et la culture des familles du Québec et qui s’adressent aux PME du Québec.

Camp Entrepreneurs En Devenir (CEED) de l’EEB

D’ailleurs, comme les affaires et la famille c’est dans le même coeur, j’avais envie de vous partager un événement plus personnel qui aura lieu cette année. Ma fille, Juliette, fera le camp CEED de l’École d’entrepreneuship de Beauce. (voir l’article, La leçon de créativité) Connaissez-vous ce camp ? En fait, il a été créé pour stimuler la fibre entrepreneuriale de nos adolescents! C’est tout un bijou. Pouvez-vous imaginer avoir créé une école et un camp et y voir votre propre enfant y assister ? C’est tout un cadeau.

Et vous, que voyez-vous ou que prévoyez-vous pour l’année 2019 ?


Lectures complémentaires

 

1 Comment
  1. Lyne Rivard
    29 janvier 2019Répondre

    Tout à fait d'accord avec vous Nathaly sur la multiplication des programmes de formation aux entrepreneurs et le scale-up!
    Un entrepreneur risque d'y perdre son chat. J'ai participé à ExpoEntrepreneurs la semaine dernière et un jeune entrepreneur pouvait s'y perdre avec tous ces organismes OBNL financés à petite ou grande échelle par le MEI.
    J'ai bien peur que le gouvernement Legault fasse la même chose qu'un gouvernement précédent a fait pour les CLD: LE MÉNAGE !
    Les MRC et les villes en ont eu pour deux ans à s'en remettre - mais ça c'est une autre discussion. Souhaitons qu'à quelque part, un ministre, une mairesse ou des directeurs d'université et de cégeps comprendront que l'union fait la force !
    Bonne continuité pour 2019

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